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ASCENSEUR DU PFAFFENTHAL

STEINMETZDEMEYER architectes urbanistes

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Catégorie

Ouvrages d'art & structures

Classement

Nominé

Edition du LAA

2019

AUTEUR(S)

STEINMETZDEMEYER architectes urbanistes

AVEC

INCA Ingénieurs Conseils Associés S.àr.l.
Jean Schmit Engineering Sàrl

Maître d'ouvrage

Ville de Luxembourg

Année de fin

2016

Localisation (ville)

Luxembourg

Description

L’ÉQUIPEMENT PUBLIC:
Ayant pour premier objectif de créer une liaison mécanique à destination des cyclistes entre la vallée de l’Alzette et la Ville-Haute, cet ascenseur public s’inscrit dans le cadre d’une politique volontariste de la Ville de Luxembourg souhaitant promouvoir la mobilité douce. A cet effet, la Ville avait mis en place dans les années 2010 un éventail de mesures concrètes visant à augmenter la part modale du vélo à l’horizon 2020 (« Concept- vélo »).
La Capitale est caractérisée par une topographie irrégulière qui constitue une contrainte importante pour les déplacements non motorisés. Exception faite de l’ascenseur du Grund, en fonction depuis les années ‘90, il n’existait aucun moyen de transport mécanique permettant le franchissement du dénivelé séparant la Ville-Haute de la Ville-Basse. Situé directement en contrebas de la Ville-Haute (dénivellation de 70m), Pfaffenthal était le quartier de la Ville-Basse le plus adapté pour recevoir une seconde liaison verticale en direction du centre-ville.

Le second public-cible de cette liaison verticale était essentiellement piétonne : la population résidente du Pfaffenthal ainsi que trois groupes principaux de visiteurs identifiés en cours d’études : les promeneurs de la Ville, les visiteurs des environs et les touristes internationaux.
Autant le confort d’utilisation pour les cyclistes a très vite déterminé la cabine d’ascenseur à deux portes opposées, afin de garantir « la marche en avant » avec les vélos encombrants à manœuvrer en marche arrière, autant le site spectaculaire en bordure de la limite UNESCO et sa mise en scène pour les visiteurs et touristes a très vite abouti à l’articulation tangentielle (désaxée) de la passerelle par rapport à la tour.

La passerelle offre ainsi aujourd’hui un « accès au paysage » exceptionnel, qui met en valeur les piétons et les cyclistes sur leur déplacements quotidiens à travers un panorama spectaculaire sur la vallée de l’Alzette, le faubourg historique de Pfaffenthal et le Bock, fortification du moyen âge à l’origine de la Ville.

LA CONSTRUCTION:
L’ouvrage est constitué de trois éléments, la verticale, l’horizontale et le bracon :

LA VERTICALE:
L’élément vertical est composé de deux parties structurelles différentes : la partie principale, le tronc, en béton armé, et les parties filigranes, en acier. Ces dernières permettent une meilleure intégration dans le paysage et créent un dialogue avec les structures du Pont Rouge. Ce contraste entre la solidité et la légèreté est renforcé par les parois vitrées et transparentes de la cabine de l’ascenseur. Celle-ci, étant projetée à l’extérieur, met en valeur le mouvement vertical des usagers dans cet ouvrage d’art.
La cabine est partagée en deux parties, la première partie est opaque, prenant en considération les personnes ayant le vertige des hauteurs, la deuxième partie est vitrée pour permettre aux usagers de profiter au maximum de l’exceptionnel paysage et patrimoine construit environnant.

L'HORIZONTALE:
La passerelle reliant l’ascenseur au parc Pescatore est constituée d’une poutre caisson dont les deux faces latérales sont revêtues d’un maillage en toile d’inox. Ce revêtement perméable donne une texture translucide à la passerelle, variable en fonction de l’éclairage naturel, et accompagne l’usager tout le long de son parcours sur le vide. La visibilité de la structure et son rythme sont une volonté architecturale, les éléments sont chacun dimensionnés au plus juste, les doubles tiges diagonales sont à sections variables en fonction de leur position sur la portée de cet ouvrage et rendent cette structure filigrane et facile à comprendre.
La passerelle se termine à son extrémité au-dessus du vide sur le Pfaffenthal par un spectaculaire porte-à-faux de 9m, espace vitré sur trois faces permettant aux usagers de profiter pleinement du panorama en attendant l’ascenseur. Le plancher vitré sur le dernier mètre permet aux visiteurs de s’exposer aux ressentis de leur vertige, expérience ludique qui met chacun face à ses propres sens.
Dans l’autre direction, la passerelle se trouve dans l’axe de la sculpture dans le parc, l’œil, donnant ainsi un point de repère visuel aux usagers de l’ascenseur lors de leur arrivée dans le Parc. Un pavillon d’arrivée en béton apparent de fines lattes marque le seuil d’accès et transmet les efforts de déformation longitudinale de la tour, à travers la passerelle au sommet de la colline.

LE BRACON:
Cette pièce structurelle consolide la passerelle et la tour par rapport aux vibrations et aux charges des vents latéraux de la vallée. Servant d’appui à la passerelle et au tronc de l’ascenseur, il transmet les efforts de déformation latérale de celui-ci au versant de la colline.

LA CABINE:
La cabine et les installations techniques de cet ascenseur public présentent une série d’innovations techniques, des prototypes, visant à réduire les aspects technologiques de cet équipement public. Les contre-poids ont ainsi été dissimulés dans la gaine du tronc en béton ; les câbles électriques et de téléphone, ainsi que l’escalier réglementaire permettant d’intervenir tous les 9 m ont été supprimés. Une alimentation électrique par induction, un téléphone sur Wi-Fi, ainsi qu’une nacelle d’intervention descendant sur le toit de la cabine, alimentée par un groupe de secours, ont permis de laisser aux ouvrages leur plus simple expression, sans pollutions technologiques, pour mettre les cyclistes, piétons et touristes au centre de cet équipement public.